Ayant séjourné dans l’un des pays les plus dictateurs, il s’étonne encore de ce qu’il a pu voir. Serge Lama est perçu comme un artiste qui défend des idées. Une vraie star dans la chanson française, il peut encore s’émerveiller ou pire devant ceux qu’il croise.

« Je laisse la chanson libre … les mots m’emmènent à dire »


Serge Lama est un libre penseur, un artiste libre penseur. « J’écris tout ce qui me vient par la tête, … je suis guidé par les phrases » dixit-il lors d’une entrevue avec le Républicain Lorrain en 2017. « Je laisse la chanson libre, je suis les méandres de ce que les mots m’emmènent à dire. Après, je refonds, je remets, je reviens. C’est du travail de laboureur. » Puis il rajoute : « On est « le paysan des mots ». Je coupe sans aucune pitié un couplet qui n’est pas bon. C’est l’expérience, j’ai appris que savoir couper, c’est le grand art de tous les arts, un peintre vous dira la même chose… sur scène, l’interprète corrige encore. »

Parmi tous ses voyages, le plus étonnant ce fut celui de la Corée du Nord. Dans toute cette dictature, il quand même eu le privilège de voir quelque chose de touchant. En effet, là-bas, il a fait une rencontre exceptionnelle d’un boys-band nord-coréen célèbre, Forestella. Ce dernier était en train d’interpréter un de ses hits : « Je suis malade », un tube qu’il a écrit en 1973. Pourtant cette chanson réussit toujours à l’émouvoir autant malgré les années. « La merveilleuse musique d’Alice Dona, et mes paroles qui parlent toujours à l’âme » a-t-il précisé sur son compte Facebook.

« Ce n’est même pas politique, c’est un problème philosophique »


Il a une manière bien à lui d’exprimer le fond de ses pensées. Surtout lorsqu’il aborde le sujet de la société, il sort son analyse, toujours dans les pages de Républicain Lorrain : « Il y a ceux qui sont en haut, qui sont très riches et font leurs affaires entre eux, très peu nombreux. Il y a une frange au milieu, qui bosse jusqu’à l’épuisement, et ceux d’en bas, qui n’ont pas de travail… Pour moi, ce n’est même pas politique, c’est un problème philosophique. Il faut repenser la société philosophiquement parlant, que quelqu’un réagisse d’une manière ou d’une autre. »

Effectivement, Serge Lama fait un constat de défaillance envers la société actuelle. Ainsi il a tenu à préciser : « On s’aperçoit que la démocratie n’est plus ce qu’elle était. C’est un mot à la c*n, mais c’est ça. Quand on peut élire Trump par un vote démocratique dans un pays comme l’Amérique, il y a des questions à se poser. (…) Il (Emmanuel Macron) est jeune, il a des idées sûrement. La société ne s’est jamais faite avec des idées de vieux. C’est des jeunes qui font la société (..) Mais on aimerait bien qu’il réussisse, parce qu’on se demande ce qui peut se passer après. On a peur pour sa famille, mon fils, les gens que j’aime… ».